Cette phrase, on peut mettre longtemps à l’intégrer. Et à l’assumer. Car depuis notre enfance, à l’école, dans nos familles, on nous pose cette question : « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? » Et pas question de répondre « Rien » ! Être au foyer ? « C’est pas un métier ».
Le monde du travail constitue des points de repères importants qui scandent nos vies. Se lever le matin, rencontrer ses collègues… Nos vies professionnelles nous procurent une image renvoyée dans la société ; à la question « Que fais-tu dans la vie ? », la réponse attendue concerne notre travail, notre métier.
Rien ne nous prépare à une existence privée d’activité professionnelle. Une retraite non souhaitée, un accident ou une longue maladie, une mise en invalidité, tous ces évènements peuvent être difficiles à accepter et mal vécus.
Les impacts sur la vie quotidienne sont nombreux :
- Physiques : sédentarité, sommeil de mauvaise qualité, prise ou perte de poids, comorbidités, addictions… ;
- Psychiques : perte de confiance en soi, sentiment de culpabilité, impression d’inutilité, chute des envies, ennui, anxiété, dépression… ;
- Sociaux : baisse ou absence de relations sociales, solitude, perte d’une forme de statut social, gêne du regard des autres, image extérieure dégradée…
Une fois ces constats posés, que faire ?
D’abord, et là je parle de mon expérience personnelle, je me suis rendue compte que nous sommes loin d’être seules. Il suffit de questionner d’autres personnes dans la même situation pour constater que ces effets négatifs autour de l’arrêt du travail sont récurrents.
Il est essentiel d’installer petit à petit cette nouvelle vie dans son quotidien.
On peut commencer par discuter avec son entourage autour du sujet. Ce dialogue peut aider à faire ressortir certains points, par exemple :
- Une image de soi différente de celle qu’on s’imagine ;
- Des idées d’activités ;
- Un soutien précieux…
Très important : il est nécessaire de prendre soin de soi. Se laver, s’habiller, se trouver belle… On peut également réapprendre à soigner son lieu de vie, lui donner un autre sens tout en instaurant de nouveaux rituels. Prendre soin de sa maison, c’est une forme de soin que l’on s’offre à soi et à son entourage. Et c’est plutôt valorisant.
Il est temps de découvrir ou redécouvrir des activités pour :
- Bouger, se reconnecter avec son corps ;
- Créer, s’exprimer ;
- Reprendre pied avec le réel, se connecter à la nature ;
- Faire bouger ses méninges ;
- Se détendre ;
- Apprendre à mieux se connaître ;
- Partager.
Il est aussi possible d’expérimenter associations caritatives, bénévolat… Les possibilités sont nombreuses. Bouger son corps et ses neurones, aller à la rencontre des autres, tout ceci permet de rester connecter avec le monde et soi-même et de (re)trouver confiance en soi.
Par contre, si comme moi, vous constatez un ou des blocages pour sortir à l’extérieur, une aide psychologique, voire une hospitalisation en hôpital de jour peuvent être pertinentes.
Il est indispensable de sortir des idées négatives, mortifères ; vous savez, celles qui tournent en boucle et nous paralysent. Si un travail avec un psychiatre et/ou un psychologue semble nécessaire, il peut être alors intéressant d’aborder les problématiques posées par la situation. Certaines thématiques peuvent être envisagées : déculpabiliser, retrouver confiance et estime de soi, (re)prendre goût à des activités, s’ouvrir aux autres… La liste n’est pas exhaustive.
J’ai envie de conclure en rappelant qu’il n’y a pas de recette miracle, Rome ne s’est pas faite en un jour. Chaque petit pas compte, penser à s’encourager est tout aussi important que les actions mises en place.
Courage à nous toutes, nous ne sommes pas seules.